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août 18, 2026

Passoire thermique : que dit la loi sur la location

La question des passoires thermiques est au cœur des débats sur la rénovation énergétique en France. Avec près de 5,2 millions de logements considérés comme des passoires thermiques, soit environ 17% du parc immobilier, le gouvernement a engagé une lutte active contre ces logements énergivores, responsables de factures élevées et de nombreux problèmes de confort

Passoire thermique : que dit la loi sur la location

La question des passoires thermiques est au cœur des débats sur la rénovation énergétique en France. Avec près de 5,2 millions de logements considérés comme des passoires thermiques, soit environ 17% du parc immobilier, le gouvernement a engagé une lutte active contre ces logements énergivores, responsables de factures élevées et de nombreux problèmes de confort pour les occupants. La réglementation s’est durcie ces dernières années, avec des interdictions progressives de mise en location pour les logements les plus mal isolés. Mais qu’en est-il précisément de la législation actuelle et à venir concernant la location des passoires thermiques ? Quels sont les critères, les échéances et les obligations pour les bailleurs ? Cet article vous propose un tour d’horizon complet de ce que dit la loi, agrémenté d’exemples concrets, de conseils pratiques et de tableaux comparatifs pour mieux comprendre les enjeux et les solutions possibles.

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ? Définition et identification

Avant d’aborder la législation, il est essentiel de comprendre ce qu’on appelle une « passoire thermique ». Ce terme désigne un logement dont les performances énergétiques sont très faibles, entraînant une consommation excessive de chauffage pour un confort souvent médiocre. Mais quels critères définissent précisément une passoire thermique selon la loi ?

La notion de Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est l’outil de référence pour évaluer la consommation énergétique d’un logement. Obligatoire lors de la vente ou de la location d’un bien, il attribue une étiquette allant de A (logement très performant) à G (logement extrêmement énergivore), sur la base de la consommation d’énergie primaire (kWh/m²/an) et des émissions de gaz à effet de serre.

  • Classe F : Consommation entre 331 et 450 kWh/m²/an
  • Classe G : Consommation supérieure à 450 kWh/m²/an

Les logements classés F ou G sont officiellement considérés comme des passoires thermiques.

Exemples concrets de passoires thermiques

Imaginons un appartement ancien de 60 m² à Paris, doté de simples vitrages, d’une mauvaise isolation des murs et d’un chauffage électrique ancien. Un DPE révélera souvent une consommation supérieure à 400 kWh/m²/an, classant ce logement en F ou G. Autre cas fréquent : une maison individuelle construite avant 1975, sans rénovation majeure, qui affiche une facture de chauffage bien supérieure à la moyenne nationale et un confort thermique limité.

Comment repérer une passoire thermique ?

  • Factures de chauffage anormalement élevées
  • Inconfort thermique (froid l’hiver, chaud l’été)
  • Présence d’humidité ou de moisissures
  • Absence d’isolation ou fenêtres simple vitrage
  • Classe F ou G du DPE

Pourquoi la loi cible-t-elle les passoires thermiques ?

La lutte contre les passoires thermiques répond à plusieurs enjeux majeurs : réduire la précarité énergétique, améliorer la qualité de vie des locataires, diminuer les émissions de gaz à effet de serre et atteindre les objectifs environnementaux fixés par la France et l’Union européenne. Les logements énergivores sont responsables de près de 20% des émissions de CO2 du secteur du bâtiment, et exposent leurs occupants à des dépenses énergétiques très lourdes.

Des chiffres clés sur le parc locatif

  • Environ 1,6 million de passoires thermiques sont louées en France.
  • Près de 12 millions de personnes vivent dans des logements mal isolés.
  • Les ménages modestes sont les plus touchés : plus d’un quart des locataires en situation de précarité énergétique.

Impacts sociaux et environnementaux

Les conséquences d’une passoire thermique sont nombreuses :

  • Pour les occupants : difficultés à se chauffer, risques pour la santé (asthme, allergies, etc.), creusement des inégalités sociales.
  • Pour l’environnement : surconsommation d’énergie, émissions accrues de CO2, retard dans la transition énergétique.

Objectifs de la réglementation

Face à ce constat, l’État a choisi d’agir sur le secteur locatif pour accélérer la rénovation du parc immobilier. L’idée est d’éviter que des locataires continuent d’habiter des logements indécents et coûteux, en responsabilisant les propriétaires bailleurs à travers des obligations et des sanctions progressives.

Textes de loi et calendrier d’interdiction : ce que prévoit la législation

Depuis la loi ÉLAN (2018), la réglementation s’est étoffée. Mais c’est surtout la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 qui a posé un calendrier précis pour l’interdiction progressive de la location des passoires thermiques. Voici les principales mesures à connaître.

La définition de logement décent renforcée

Un logement mis en location doit répondre à des critères de décence (sécurité, surface minimale, absence de risques pour la santé, etc.). Depuis le 1er janvier 2023, la performance énergétique est intégrée à ces critères : un logement consommant plus de 450 kWh/m²/an d’énergie finale (classe G) ne peut plus être loué (hors renouvellement de bail ou reconduction tacite).

Le calendrier d’interdiction progressive

AnnéeInterdictionType de logements concernés
2023Interdiction de location des logements G (> 450 kWh/m²/an)Tous les nouveaux contrats de location
2025Interdiction de location de tous les logements classés GTous les contrats, même renouvelés
2028Interdiction de location des logements classés FTous les contrats
2034Interdiction de location des logements classés ETous les contrats

À chaque étape, les propriétaires doivent réaliser des travaux de rénovation pour pouvoir continuer à louer leur bien.

Obligations d’information et sanctions

  • Obligation de mentionner le DPE dans toutes les annonces immobilières
  • Remise du DPE au locataire lors de la signature du bail
  • Sanctions en cas de non-respect : suspension de la location, amende jusqu’à 3 000 € pour un particulier, 15 000 € pour une personne morale

Les impacts pour les propriétaires et locataires : droits, devoirs et solutions

La réglementation sur les passoires thermiques entraîne des conséquences directes pour les propriétaires bailleurs, mais aussi pour les locataires. Comprendre les droits et obligations de chacun est essentiel pour anticiper les changements à venir.

Les devoirs du propriétaire bailleur

  • Réaliser un DPE fiable et à jour
  • Effectuer les travaux nécessaires pour atteindre au moins la classe E (voire D à terme)
  • Informer le locataire de la performance énergétique du bien
  • Respecter le calendrier d’interdiction de location

Un propriétaire qui ne respecte pas ces obligations s’expose à des sanctions (amende, obligation de réaliser les travaux, voire suspension de la location).

Les droits des locataires

  • Exiger un DPE conforme lors de la signature du bail
  • Demander des travaux d’amélioration énergétique si le logement est indécent
  • Saisir la justice (tribunal d’instance) en cas de non-respect des critères de décence

En cas de litige, le locataire peut obtenir une réduction de loyer ou la réalisation des travaux aux frais du propriétaire.

Exemples de parcours propriétaires : rénovation ou vente ?

Face à l’interdiction de louer, deux options principales s’offrent au propriétaire :

  • Rénover le logement pour améliorer son DPE (isolation, remplacement des fenêtres, changement du chauffage, etc.).
  • Vendre le bien, souvent à un prix inférieur, à un investisseur ou à un particulier prêt à assumer les travaux.

Coût moyen d’une rénovation énergétique

Rénover une passoire thermique pour atteindre la classe E ou D peut coûter entre 20 000 et 50 000 € selon la taille et l’état du logement. Cela inclut :

  • L’isolation des murs, combles, planchers : 10 000 à 20 000 €
  • Remplacement des fenêtres : 8 000 à 15 000 €
  • Changement du mode de chauffage : 5 000 à 10 000 €

Quelles aides et solutions pour sortir de la passoire thermique ?

Si les obligations sont strictes, de nombreux dispositifs d’aides existent pour accompagner les propriétaires dans la rénovation énergétique de leur logement. Voici un tour d’horizon des principales solutions pour financer et réussir la sortie de la passoire thermique.

Les aides financières nationales

  • MaPrimeRénov’ : Jusqu’à 20 000 € d’aide selon les travaux et les revenus
  • Éco-prêt à taux zéro : Jusqu’à 50 000 € remboursables sur 20 ans
  • Certificats d’économie d’énergie (CEE) : Primes versées par les fournisseurs d’énergie
  • Aides de l’ANAH (Agence nationale de l’habitat) : Pour les ménages modestes et très modestes

Les aides locales et complémentaires

  • Subventions des collectivités territoriales (régions, départements, communes)
  • Exonération partielle ou totale de taxe foncière pour travaux énergétiques
  • Accompagnement par des opérateurs spécialisés (France Rénov’, opérateurs ANAH, etc.)

Choisir les bons travaux : par où commencer ?

Pour sortir d’une passoire thermique, il est recommandé d’agir selon une logique de « parcours de travaux » :

  • Commencer par l’isolation (murs, toiture, planchers)
  • Remplacer les menuiseries (fenêtres, portes)
  • Installer un système de chauffage performant (pompe à chaleur, chaudière à condensation, etc.)
  • Optimiser la ventilation pour éviter l’humidité

Exemple de parcours de rénovation type

ÉtapeTravaux principauxGain énergétique estimé
1Isolation des comblesJusqu’à 30%
2Isolation des murs15 à 25%
3Remplacement des fenêtres8 à 15%
4Chauffage performant10 à 20%

Conseils pratiques pour les propriétaires bailleurs

  • Faire réaliser un audit énergétique pour cibler les travaux prioritaires
  • Comparer les devis de plusieurs artisans RGE (Reconnu Garant de l’Environnement)
  • Vérifier l’éligibilité aux aides avant de lancer les travaux
  • Penser à l’articulation des travaux pour éviter les surcoûts futurs
À retenir

  • Les passoires thermiques (classes F et G) sont progressivement interdites à la location en France.
  • Des aides financières et un accompagnement existent pour aider les propriétaires à rénover leurs biens.
  • Respecter la législation évite les sanctions et valorise le patrimoine immobilier.

La législation sur les passoires thermiques marque un tournant majeur pour le parc locatif français. Elle vise à protéger les locataires d’un habitat indécent, à réduire la précarité énergétique et à accélérer la transition écologique. Pour les propriétaires bailleurs, l’obligation de rénover est désormais incontournable, sous peine de sanctions et de perte de rentabilité. Heureusement, de nombreux dispositifs d’aides existent pour alléger la facture et réussir la rénovation. Anticiper les échéances, se faire accompagner par des professionnels et planifier les travaux sont les clés d’une gestion réussie et pérenne de son patrimoine. Pour les locataires, la vigilance sur le DPE et le recours à la justice en cas de manquement offrent de nouveaux droits. Enfin, la lutte contre les passoires thermiques représente un enjeu collectif, bénéfique pour la société, l’économie et l’environnement. Se conformer à la loi, c’est aussi préparer l’avenir de l’immobilier français vers plus de confort, de sobriété et de valeur durable.

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